Au temps de la Seigneurie du Hamel ....


C
'est l'un des plus anciens moulins de Blendecques, sinon le plus ancien, existant déjà avant le creusement de la Haute-Meldique sous l'administration de l'Abbé Odlant de l'abbaye de Saint-Bertin (795-804).

Il était situé sur la seigneurie du Hamel. Un superbe manuscrit du XVème siècle la représente comme une construction à colombage et torchis près du château féodal de Blancbourg, aujourd'hui disparu.


C
e château s'est aussi appelé Wintrefelt à l'époque où il était propriété de nobles Allemands.

Avant la Révolution. il servait à fouler les draps. Appartenant à l'abbaye de Saint- Bertin, il fut vendu comme bien national par le district de Saint-Omer à Louis Obert, marchand brasseur à Saint-Omer, le 28 octobre 1791. Il fut revendu à Antoine Dambricourt Goemaere.

Familiers des alliances matrimoniales entre cousins, comme cela se pratiquait dans la plupart des familles qui voulaient empêcher la dispersion de leur capital, les Dambricourt furent les premiers pionniers de l'industrialisation locale. Ils passèrent du grain à l'huile et ne vinrent que tardivement au papier, après un premier essai à Hallines.
Leur grande époque fut le milieu du XIXème siècle lorsqu'ils concentrèrent dans leurs mains toutes les usines de Wizernes et d'Hallines sans pour autant abandonner leur base d'Esquerdes pour la farine et leur colonie de Wavrans-Assinghem.

Origine du nom Moulin Snick...


V
ers 1795, le moulin appartint à un distillateur de Saint-Omer, Snick, qui le garda plus de quarante ans et le transforma en moulin à farine. De là est venu son nom actuel. À l'époque, il y avait quinze moulins à Blendecques. En 1838, il fut vendu à Ignace Prosper Porion, négociant à Saint-Omer, qui reconstruisit le barrage vers 1841 tel qu'il est encore actuellement, composé de huit vannes plus celle donnant sur la roue que l'on nomme vanne molaire.



E
n 1866, le moulin passa dans les mains de son fils Jean Baptiste. Au décès de ce dernier, son fils Prosper prit la succession. Puis il le vendit à Adolphe Leleu, descendant de plusieurs générations de meuniers à vent de Haut-Arques. Il en était déjà locataire dès 1908.

La famille Leleu aurait également tenu le moulin de la Barne, sur route de Racquinghem. En 1923, il prit le pivot du moulin à vent de la Barne pour remplacer l'arbre-moteur du moulin Snick. Dès 1912, il le modernisa et remplaça les quatre paires de meules par des cylindres de la maison H. et G. Rose de Poissy. À sa mort, en 1940, ses deux fils Georges et Marius reprirent le moulin et le modernisèrent encore.

 



La transformation du moulin en restaurant ....


E
n 1950, les bluteries furent remplacées par un plansichter et les cylindres renouvelés en 1955 par d'autres achetés d'occasion au moulin de Pont-Sainte-Maxence dans l'Oise. Le moulin fut toujours actionné par une roue en bois. Dès 1920, il produisait sa propre électricité pour son éclairage. Un moteur électrique de 15 CV avec transformateur fut installé vers 1925 pour aider la roue, et en 1968 un autre de 32 CV pour remplacer la roue en cas de défaillance.



S
ans successeur et l'âge venant, les deux frères Leleu cessèrent leur activité le 1er juillet 1983. Une association racheta le moulin quelques années plus tard et en 1989, avec l'aide de l'ARAM (Association Régionale des Amis des Moulins Nord/Pas-de-Calais) qui réalisa les plans et débloqua une subvention du Conseil Régional, la roue fut refaite complètement, ainsi que l'arbre-moteur, en bois de doussié. plus résistant.

En 1991, le moulin fut racheté pour devenir un restaurant et depuis 1993 il est géré par les propriétaires actuels.